08.10.2026
Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication DETEC,
Monsieur Albert
Rösti, Conseiller fédéral, Palais fédéral Nord
3003 Bern
Par courrier électronique à : konsultationen@bav.admin.ch
Monsieur le Conseiller fédéral Rösti, Mesdames et Messieurs,
Nous vous remercions de nous avoir invités à prendre position dans le cadre de la procédure de consultation susmentionnée.
En tant que membre de routesuisse, l’ACS soutient la prise de position de
cette dernière sur les différents points du projet. Les points suivants
revêtent une importance particulière pour les intérêts de nos membres, raison
pour laquelle nous souhaitons les mettre brièvement en évidence ci-après :
Constatations générales :
D’une manière générale, l’ACS salue la planification coordonnée et
multimodale des infrastructures prévue par le Conseil fédéral, qui permet de
développer de manière complémentaire la route, le rail et les transports
d’agglomération, afin que l’ensemble de ces modes de transport contribuent,
dans une perspective globale des transports, à répondre aux besoins de mobilité
en Suisse.
Il ne faut toutefois pas perdre de vue l’importance capitale que revêt notre
infrastructure routière pour l’économie et la population, ainsi que pour le
transport de marchandises et notre sécurité d’approvisionnement.
Le projet met principalement l’accent sur le développement de
l’infrastructure ferroviaire. Or, étant donné que 72 % des kilomètres-personnes parcourus chaque année sont
imputables au transport individuel motorisé (TIM) et à la route, et que 45 % du
TIM ainsi que 72 % du transport de marchandises transitent par le réseau des routes
nationales – qui ne représente que 3 % de l’ensemble du réseau routier suisse –, l’importance accordée au
développement de l’infrastructure routière est insuffisante.
L’ACS s’engage pour que les différents modes de transport ne soient pas
opposés les uns aux autres. Ce principe devrait également être respecté dans le
cadre du projet « Transports ’45 ».
Nous demandons donc une approche mieux équilibrée entre le développement
des infrastructures ferroviaires et routières.
Par ailleurs, nous constatons que le projet ne tient pas suffisamment
compte des progrès et des avancées technologiques qui, à l’horizon 2045
et au-delà, influenceront de manière déterminante la gestion du trafic. À
titre d’exemple, on peut citer la conduite automatisée qui, notamment, mais
pas uniquement dans le domaine des transports publics, devrait permettre
d’améliorer considérablement l’utilisation des capacités existantes
d’ici 2045.
Il convient également de tenir compte de ces évolutions et de ces
possibilités dans les études ainsi que dans les conclusions qui en seront
tirées.
Articulation
des programmes de développement
L’ACS demande
une articulation systématique entre les projets de routes nationales et les
programmes d’agglomération. Cette exigence se justifie notamment par le
fait que, selon l’Office fédéral de la statistique, 72 % des
kilomètres-personnes parcourus en Suisse le sont sur la route et qu’un
tiers des trajets effectués dans les transports publics s’effectuent sur la
route.
À cela s’ajoute
que, selon les statistiques de financement de la Confédération, l’ensemble
des déplacements à pied et à vélo doit également être attribué au mode de
transport routier, puisqu’ils s’effectuent sur la route.
Dès lors que les
routes nationales et les transports d’agglomération influencent le même
système de transport et sont tous deux financés par le FORTA, l’ACS estime
que les décisions politiques correspondantes doivent également être
coordonnées.
Une approche
globale des transports n’est crédible que si la construction des routes
nationales et les programmes d’agglomération sont étroitement liés sur les
plans politique et matériel.
Le projet commun
doit également refléter cette approche globale des transports sur le plan
politique : les décisions relatives aux projets de routes nationales et aux
programmes d’agglomération doivent donc être formellement liées et traitées
conjointement, afin que l’approche multimodale ne se limite pas au niveau
de la planification, mais se reflète également dans les décisions politiques.
Refus des
mesures de substitution prévues en lieu et place de la suppression des goulets
d’étranglement :
S’agissant
de l’augmentation des capacités par l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence
et par des réductions ponctuelles et limitées dans le temps de la vitesse, nous
constatons qu’il manque des éléments démontrant leur efficacité ainsi que des
données précises indiquant dans quelle mesure ces mesures permettraient
d’augmenter les capacités et pendant combien de temps elles seraient
effectivement efficaces.
À cet
égard, le DETEC, respectivement l’OFROU, doit fournir les chiffres précis avant
que de telles mesures puissent être envisagées comme alternatives aux projets
d’aménagement.
Refus de
la suppression de projets de suppression des goulets d’étranglement jusqu’ici
prévus dans le PRODES sur le réseau des routes nationales :
Au vu des aspects
mentionnés, l’ACS s’oppose également à la suppression des 31 projets du STEP.
Elle demande que les projets concernés soient maintenus au stade de la
planification et mis en œuvre dès qu’ils seront prêts à être réalisés. Elle
demande en outre que les coûts induits par l’absence d’aménagement
soient pris en compte dans l’évaluation des variantes d’aménagement et de
substitution. Outre l’impact immédiat sur les capacités, il convient notamment
de prendre en compte les conséquences à long terme en matière de trafic de
report, de sécurité routière, de sécurité d’approvisionnement et de résilience
du réseau, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent.
Nous vous faisons également
parvenir, par la même occasion, le questionnaire que nous avons dûment
rempli. En notre qualité de représentants des intérêts des
automobilistes, nous y prenons principalement position sur le Programme
de développement stratégique des routes nationales (STEP) et sur le programme
« Trafic d’agglomération ». Pour les différents programmes d’agglomération
et projets routiers, nous vous renvoyons en outre aux prises de position
distinctes de nos sections ACS.
Nous vous remercions par
avance de bien vouloir prendre connaissance de notre prise de position et d’en
tenir compte. Nous restons volontiers à votre disposition pour toute question
complémentaire.