
Chers membres de l’ACS,
Pratiquer le sport automobile, c’est bien plus que monter dans une voiture de course et enchaîner les tours rapides. D’une part, le temps réellement passé au volant ne représente de loin que la plus petite partie de l’investissement nécessaire et, d’autre part, un pilote doit posséder bien d’autres compétences que celle de conduire à la limite.
Cette année encore, j’ai pu en faire l’expérience. Grâce à ma victoire au Championnat suisse de Simracing 2025, j’ai remporté la possibilité de participer à une course de la Renault Twingo Cup. Et grâce au soutien de mes partenaires, je peux même prendre le départ des quatre week-ends de course.
Lors de la première course à Grobnik, en Croatie, par exemple, le support de la pédale d’accélérateur s’est complètement cassé alors que je me rendais sur la grille de départ. La pédale électronique ne tenait plus que par ses câbles. Je me suis immobilisé, sans aucune possibilité d’accélérer. La course semblait déjà terminée avant même d’avoir commencé…
Mais pas pour moi. Instinctivement, j’ai détaché mes ceintures, attrapé d’une main la pédale qui pendait et essayé tant bien que mal d’actionner son mécanisme. Incroyablement, j’ai réussi à accélérer d’une seule main et à rejoindre la grille de départ !
À ce moment-là, il ne restait plus que cinq minutes avant le début du tour de formation. J’ai immédiatement expliqué le problème aux mécaniciens et une véritable course contre la montre a commencé. Les mécaniciens ont couru jusqu’au paddock pour chercher des colliers de serrage et du ruban adhésif, tandis que les secondes défilaient. À la toute dernière seconde, nous avons réussi à fixer provisoirement la pédale.
Étonnamment, cette réparation de fortune a tenu pendant toute la course et j’ai pu terminer ma toute première course sur circuit directement sur le podium ! Des points extrêmement importants qui pourraient, à la fin, faire toute la différence dans la lutte pour le championnat.
La vie d’un pilote amateur dans de petites séries comme la Twingo Cup ou l’Autocross est tout sauf glamour. De longs trajets à travers toute l’Europe, des nuits passées dans le van et, la plupart du temps, la nécessité de se débrouiller seul. En tant que pilote, je suis à la fois mon propre ingénieur de course, mécanicien, coach mental, créateur de contenu, préparateur physique et manager.
Et tout cela en parallèle de mon emploi à 100 % en tant qu’ingénieur civil, où je travaille comme chef de projet et conducteur de travaux dans le domaine du génie civil et de la construction routière.
C’est donc d’autant plus gratifiant de réussir, avec des moyens relativement modestes, à obtenir de beaux résultats. Cette année, j’ai notamment décroché le titre de vice-champion suisse d’Autocross. Lors de la Twingo Cup à Most, en République tchèque, j’ai également remporté les deux courses avec brio et pris la tête du championnat !
Et ce n’est pas tout : après avoir été désigné **Driver of the Weekend** à Most, j’aurai maintenant la chance d’effectuer un test au volant d’une monoplace de Formule 4 !
Finalement, peu importe qu’une voiture soit rapide ou lente : tant que je peux la pousser à ses limites, je suis heureux !
Meilleures
salutations
Thomas Schmid

