Jeep fait partie des marques dont les modèles entièrement électriques ne rencontrent pas un grand succès. Mais la nouvelle Compass prouve que la motorisation électrique peut non seulement convenir à une Jeep, mais même mieux qu'un moteur à combustion.

Est-ce dû à son image rustique ? Ou à sa longue tradition de gros moteurs à combustion ? Quelle qu'en soit la raison, Jeep et électricité ne font pas bon ménage jusqu'à présent. La Jeep Avenger, élue voiture de l'année 2023, s'est plutôt mal vendue en version purement électrique et n'a rencontré un certain succès qu'en version hybride légère de 1,2 litre. Mais la maison mère européenne Stellantis n'a pas le choix : elle doit progressivement convertir l'icône américaine du tout-terrain à la propulsion électrique. Le groupe dispose de tout ce qu'il faut pour cela. Il ne reste plus qu'aux clients à l'acheter.
Avec la Compass de troisième génération, que nous avons pu tester en version hybride légère et 100 % électrique, les chances sont bonnes. Ceux qui apprécient ce SUV de 4,55 mètres de long peuvent en effet opter sans hésiter pour la version électrique disponible en First Edition à partir de CHF 45'990.-, même si la version hybride légère est CHF 6'000.- moins chère. Car si les différences de performances entre les deux motorisations ne sont pas énormes sur le petit Avenger, elles sont de deux ordres de grandeur sur la grande Compass.
Avec son moteur trois cylindres de 1,2 litre développant 107 kW (145 ch), le SUV de 1,7 tonne en version hybride légère passe de 0 à 100 km/h en 10,3 secondes et gravit péniblement les côtes avec un couple de 230 Nm. Le petit moteur électrique intégré à la boîte de vitesses à double embrayage fait de son mieux pour assister le petit moteur à essence. Mais cela n'aide pas beaucoup : sauf en ville, où de courts trajets peuvent même être effectués en mode purement électrique, la motorisation de la Compass semble tout simplement dépassée et lui convient beaucoup moins bien qu'à ses cousins Opel Grandland, Peugeot 3008 et Citroën C5 Aircross.
C'est à cause de l'apparence de la Compass que la Mildhybrid ne parvient pas à convaincre ici, malgré des équipements identiques. La voiture affiche un design résolument affirmé, elle donne l'impression d'être un modèle souverain avec lequel on a envie de parcourir des kilomètres et des kilomètres. Et à l'intérieur, beaucoup plus spacieux et raffiné que celui du modèle précédent, un grand interrupteur rouge trône sur la console centrale, permettant de sélectionner le mode de conduite tout-terrain souhaité. Cela donne naturellement envie de partir à l'aventure. Mais pour cela, la version hybride légère manque de puissance.
Il en va tout autrement de l'Electric Compass, qui développe 157 kW (213 ch) et 345 Nm et qui se montre déjà beaucoup plus sereine sur route. Certes, ce SUV bien équilibré est également assez maniable en version hybride légère, trouve un bon compromis entre fermeté et confort et dispose d'une direction suffisamment précise. Mais ce n'est qu'avec la Compass électrique que l'expérience de conduite répond aux attentes, malgré un surpoids de plus de 500 kilos. Elle passe de 0 à 100 km/h en 8,5 secondes. Grâce à sa puissance suffisante et à son angle de rampe généreux, la voiture électrique convainc également en tout-terrain, mais elle n'est finalement pas un véritable véhicule tout-terrain, car elle ne dispose que d'une traction avant.


Jeep lancera prochainement une version électrique à quatre roues motrices de la Compass, équipée de deux moteurs électriques et développant une puissance totale de 276 kW (375 ch). Il n'y aura que cette version 4×4, ce qui est certainement une stratégie audacieuse compte tenu du succès mitigé des véhicules électriques jusqu'à présent. Mais comme le 4×4 sera équipé de série d'une batterie plus puissante (96 kWh au lieu de 74 kWh), cette stratégie pourrait s'avérer payante.
Cette batterie maxi sera ensuite disponible pour un autre modèle à traction avant, ce qui permettra d'atteindre 650 kilomètres selon le WLTP (avec une batterie de 74 kWh : 500 kilomètres) et la puissance de charge maximale plutôt faible de 160 kW ne posera pas vraiment de problème. Pour ceux qui ne veulent absolument pas d'un véhicule entièrement électrique, Jeep propose également un hybride rechargeable de 143 kW (195 ch) avec une autonomie électrique de 82 kilomètres. Celui-ci conviendra certainement mieux à la Compass que l'hybride léger.
Texte Simon Tottoli / Photos Werk